Alors que la France se prépare à finaliser son budget 2025, un nouvel élément chamboule les plans du gouvernement : la chute rapide de l’inflation. En septembre 2024, l’inflation est tombée à 1,2 %, un niveau nettement inférieur à ce qui était prévu. Si cette nouvelle pourrait sembler positive pour le pouvoir d’achat des Français, elle pose cependant de sérieux problèmes pour l’élaboration des finances publiques.
La chute de l’inflation, une épée à double tranchant

Avec une inflation plus faible, l’État ne peut plus compter sur l’augmentation des recettes fiscales liées à la hausse des prix. Cela complique la réduction du déficit public, qui devrait dépasser les 6 % du PIB en 2024, contre une prévision initiale de 5,1 %. Le ministre des Finances Bruno Le Maire, qui quitte son poste, a d’ailleurs mis en garde contre les conséquences de ce déficit sur les engagements européens de la France, qui impose un retour à un déficit sous la barre des 3 % d’ici 2027.
Un budget 2025 controversé
Le budget 2025, présenté par Gabriel Attal, suscite également des débats. Celui-ci propose de maintenir les crédits à 492 milliards d’euros, comme en 2024. Mais cette stabilité cache une réalité difficile : les ministères devront opérer avec des ressources équivalentes, tout en absorbant l’impact de l’inflation, estimée à 2 % pour 2025. Cela revient à une coupe budgétaire implicite d’environ 10 milliards d’euros.
Vers des mesures drastiques pour redresser les comptes ?
Pour résorber ce déficit et ramener la dette publique à des niveaux acceptables, des coupes budgétaires drastiques sont à l’étude. Bruno Le Maire a recommandé des économies de 30 milliards d’euros dès 2025, avec un objectif total de 100 milliards d’ici 2028. Cependant, ces mesures devront être mises en place dans un contexte de ralentissement économique, rendant la tâche particulièrement complexe pour le successeur de Le Maire.
La France se trouve à un tournant budgétaire. Entre une inflation en baisse, un déficit public qui explose, et la nécessité de respecter ses engagements européens, le gouvernement devra faire preuve de créativité pour maintenir la croissance économique sans plonger le pays dans l’austérité. Le budget 2025 sera décisif pour l’avenir économique du pays et la gestion de sa dette publique.
